Persuadés d'avoir du vécu, chacun de nous pense posséder le monopole de la souffrance. On arbore fièrement nos cicatrices et on n'aime à rappeler à quel point nos vies sont tristes et cruelles. On est le nombril du monde et tous prétendent avoir grandi à l'ombre du bonheur. On s'fait notre ciné, dans le vacarme de nos plaintes, y'a tant de gens qu'on entend même plus pleurer. Tu sais on n'souffre pas qu'en banlieue. Partout tu peux lire le même manque d'amour dans les yeux. Même dans les beaux quartiers des sourires sont des masques. On achète pas le bonheur sans qu'un jour, le temps nous démasque. La détresse n'a pas de couleur, réveille toi. Sous combien de peaux blanches se cache la douleur. Chacun ces secrets emmurés dans le silence. Ces hémorragies internes qui nous font pleurer en silence. Tu peux souffrir sans v'nir de la banlieue. Partout tu peux lire le même manque d'amour dans les yeux. A chacun son ghetto, chacun porte son fardeau.Tu peux grandir à l'air libre, mais comme derrière les barreaux. Mal être chronique, nos douleurs qu'on traine. On espère qu'elles disparaissent mais en faite elles hibernent. Dans l'hiver de nos plaies, mon c½ur la renferme. C'est une peine sans sursis, à vie c'est du ferme. Et on s'cache pour pleurer. Si on sourit au monde c'est en espérant le leurrer. Parce qu'au fond qui peut réellement savoir c'qui nous tue et c'que l'on est. Les gens se contentent de ce qu'on parait, pas vrai?! Souffrir sans pouvoir le dire c'est pire, moi j'ai encore la chance de l'écrire. Alors je chante pour celle et ceux qui meurent de leur vivant. Dans des drames silencieux, boulimie de douleur, anorexie de bonheur. Tous chantonnent leur vie en ré mineur même mineur . Chacun ses secrets emmurés dans le silence. Ces hémorragies internes qui nous font pleurer en silence. Ne crois jamais être le seul à pleurer de quoi inonder le sol. Certains enveloppent leur tristesse dans un linceul. Mais seul ils finissent pleureurs comme le saule. Ecoute pas trop les c½urs, ils font Boum - Boum au rythme des peurs. Boum - Boum chacun porte son fardeau. Des c½urs gèlent et prennent les faux semblants comme manteau. Quand d'autres se replient dans la violence, se cachent derrière l'arrogance, traduisent leur tristesse par l'insolence. Les gens cachent leurs douleurs, s'tiennent debout comme des arbres. Mais leurs branches sont d'argiles, du cristal sous du marbre. Les blessures mortelles sont celles qu'on peut confier si on se sent asphyxié. C'est qu'on tente de les étouffer. Chacun cses secrets, emmuré dans le silence. Ces hémorragies internes qui nous font pleurer en silence. Paris on pleure en silence, New-York on pleure en silence, Kinshasa on pleure en silence...